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DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

Axe 2 : Quels services éco-systémiques et environnementaux des agricultures au sein d'une mégapole ?

Contexte et enjeux scientifiques :

Le terme « services éco-systémiques » a été largement utilisé depuis la parution du Millennium Ecosystem Assesment (WRI, 2003). Il désigne « les bienfaits que les hommes obtiennent des écosystèmes ». Ces bienfaits sont de différentes natures : (i) des services d'approvisionnement tels que la nourriture et l'eau, (ii) des services de régulation tels que la régulation des inondations et des maladies, (iii) des services culturels tels que les bénéfices spirituels, récréatifs et paysagers, et (iv) des services de soutien qui maintiennent des conditions favorables à la vie sur Terre, tels que le cycle des éléments nutritifs, la photosynthèse, la pollinisation, etc. L’enjeu scientifique est de vérifier l’hypothèse selon laquelle les différentes formes d’agriculture fournissent, maintiennent et s’appuient sur des services éco-systémiques variés (Tscharntke et al., 2005), éventuellement antagonistes et, dans l’affirmative, de porter regard sur l’ensemble des services produits ou disponibles simultanément de façon à identifier les compromis les plus acceptables entre ceux-ci, au profit du bien-être de l’ensemble des populations du ou des territoires.

La question des services éco-systémiques trouve en région urbaine francilienne une résonance particulièrement forte car ils peuvent être contraints du fait de la forte urbanisation ou de la présence d’une agriculture intensive ancienne et étendue. Il importe de comprendre comment les agricultures peuvent jouer sur (i) la biodiversité – tant au niveau des espèces patrimoniales que des espèces ordinaires – élément majeur dans la fourniture de services éco-systémiques (cf. ci-dessous), (ii) la limitation des pressions chimiques et des pollutions, avec des enjeux environnementaux et sanitaires particulièrement forts (voir Plan Ecophyto 2018 et place de systèmes de culture alternatifs à faibles intrants), (iii) la décontamination de sols empreints de pesticides rémanents, voire (iv) le stockage de carbone. Au-delà de l’enjeu d’évaluation du rôle des pratiques agricoles vis-à-vis des objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement, notamment leur contribution aux trames vertes et bleues, il s’agit de comprendre les mécanismes contribuant à la durabilité et à la résilience des agricultures franciliennes, face aux changements globaux dont les changements climatiques (instruction de scénarios dans R2DS). Enfin, on manque aujourd’hui de travaux pour comprendre les conditions et les effets sociaux des démarches agricoles soutenables: réduction des intrants, utilisation plus extensive des milieux et des ressources, et développement des circuits courts.

Objectifs scientifiques et grandes questions de recherche :

On analysera et comparera le cas échéant, les divers services éco-systémiques (d’approvisionnement, de régulation, de soutien aux fonctionnements des écosystèmes, d’apports de bénéfices récréatifs, paysagers, etc.) qui sont fournis, maintenus, dégradés ou utilisés par les différentes formes d’agriculture dans les territoires sous influence urbaine. Les items suivants sont attendus, sans exclusivité toutefois :

a)      La dynamique de la biodiversité liée à l’anthropisation et aux activités agricoles et agroalimentaires dans les territoires urbains et périurbains. Plusieurs échelles (du génome aux écosystèmes), approches (de la génétique à l’écologie fonctionnelle), méthodes (observations expérimentations, modélisations) pourront, voire devront, être mobilisées à des pas de temps variés. On considérera les projets portant sur les dynamiques biologiques, mais aussi les dynamiques sociales qui entourent la thématique de la biodiversité. Au-delà de cette thématique en lien avec la biodiversité, les projets portant sur les autres services écosystémiques impactés par l'agriculture sous influence urbaine (ressource en eau, qualité de l'air, recyclage des déchets etc.) pourront être aussi considérés dans cet axe.

b)      Les formes de rémunération ou autres incitations issues de politiques publiques, dont les politiques régionales, pour accompagner le maintien et/ou la restauration de ces services écosystémiques concernant l’agriculture et les activités agro-alimentaires, dans les filières végétales et animales. Cela suppose que soient évalués et quantifiés les services rendus, les mesures proposées, mais aussi que soit précisée la demande sociale des urbains concernant ces services. Le cadre d’analyse des coûts et bénéfices des mesures proposées, enjeu majeur des recherches, devra prendre en compte l’intérêt et les conséquences environnementales, sociales et territoriales de ces mesures.