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DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

Axe 3 : Quelles contributions actuelles et futures des agricultures et de leurs filières à l'approvisionnement alimentaire d'une mégapole ?

Contexte et enjeux scientifiques :

La multiplication des études et prospectives – parfois controversées – illustre l’attention croissante portée aux questions d’approvisionnement alimentaire de par le monde. La participation de l’agriculture proche des villes à cet approvisionnement alimentaire fait aussi objet de débats (Bricas et Seck, 2004 ; Agrimonde, 2009 ; Dualine, 2011 ; Aubry et al., 2010 ; Bruinsma, 2010 ; Even et Laisney, 2011). Paris et sa région – dont l’histoire montre qu’ils n’ont jamais été dans une situation d’autosuffisance alimentaire– ne font pas exception. L’approvisionnement des populations des grandes villes doit être très diversifié pour répondre aux besoins de populations plurielles. Que ce soit dans le cadre d’une alimentation individuelle ou dans celui de la restauration collective, les consommateurs recherchent des produits sains à prix bas et des régimes assurant l’équilibre nutritionnel ; ils sont sensibilisés à la notion émergente d’aliments-santé, mais demandent aussi de plus en plus des produits locaux et naturels. Or, l’offre alimentaire francilienne se caractérise moins par la diversité des produits locaux, que par l’immense diversité de produits bruts et transformés de différentes provenances permise par des infrastructures industrielles et commerciales parmi les plus importantes au monde, dont le Marché international de Rungis. Le « globalized agri-food system » (Morgan et al., 2006) porté par ces structures ne répond pas à la demande de relocalisation des productions qu’expriment certains urbains. Lorsque, comme c’est le cas en Ile-de-France, l’agriculture s’est majoritairement orientée vers des productions largement destinées au marché mondial, le redressement de sa fonction alimentaire locale est un enjeu majeur : ce redressement est-il possible, par quelles voies en termes de productions, de transformations et de commercialisations ?

Objectifs scientifiques et grandes questions de recherche :

La fonction alimentaire de l’agriculture de proximité des villes a fortement régressé dans le monde occidental, mais de nouvelles attentes urbaines semblent apparaître pour relocaliser la production végétale et animale, et renouer les liens entre agriculteurs et consommateurs urbains. De nombreuses questions en résultent, dont à titre d’exemple :

a)       Quelles sont précisément ces nouvelles attentes des consommateurs : assiste-t-on à une requalification des produits alimentaires locaux, et si oui, sous quelles formes et pour quelles fractions de la population des villes et de leur périphérie ? Quels relais ces préoccupations trouvent-elles dans l’espace public et marchand et chez les « prescripteurs » de l’alimentation (dont monde associatif, medias) ? Quels sont les impacts de ces attentes renouvelées des consommateurs sur les évolutions attendues des systèmes agro-alimentaires ? On repérera par là des leviers pour un renforcement du lien production-consommation.

b)       Quel fonctionnement actuel et quelles capacités des systèmes agro-alimentaires à évoluer vers un renforcement de la fonction alimentaire de proximité : quelle place occupent ou occuperont dans les exploitations et dans les territoires, les destinations « alimentation de proximité » des produits versus d’autres destinations (filières alimentaires non locales, exportation, production non alimentaire). Pour les villes, il s’agit de comparer les intérêts et désavantages du renforcement de la fonction alimentaire locale versus d’autres formes d’approvisionnement, en termes quantitatifs et de qualité des produits (notamment risques sanitaires éventuels en milieu urbain ou périurbain soumis à pollutions, mais aussi qualité organoleptique et nutritionnelle des produits): quelles sont les complémentarités et/ou concurrences pouvant se faire jour entre systèmes alimentaires et territoires pour l’approvisionnement des villes ? Plus largement, en quoi ces évolutions questionnent-elles les modes de production, de transformation et de distribution ; quelles évaluations techniques, économiques, environnementales, à différentes échelles, peut-on faire de différents scénarii d’évolution ?

c)       Quelles organisations de la distribution dans les zones urbaines et périurbaines et quelles conséquences en termes d’accessibilité (géographique, économique, sociale) à des denrées alimentaires variées et d’organisation spatiale des approvisionnements ? Le recours aux différents commerces alimentaires découle de l’organisation de l’offre mais aussi des modes de vie des ménages (trajets quotidiens, espaces et équipements de stockage…) et peut être révélateur d’inégalités sociales profondes. Quelles incidences ont des évolutions affectant les conditions de vie et de logement sur l’organisation des approvisionnements et, au-delà, sur les pratiques alimentaires des ménages ? On accordera une attention particulière à la diversification et à l’augmentation fréquentes des circuits courts de produits alimentaires autour des mégapoles : quelles modalités et quels intérêts économiques pour les producteurs, les consommateurs ; quels coûts logistiques (comment les optimiser) et quels impacts environnementaux ; quelles répercussions sur le fonctionnement technique et organisationnel des exploitations (modes de production, qualités des produits), des filières, des territoires ?