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DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

DIM ASTREA, Agrosciences, Ecologie des Territoires, Alimentation

Axe 4 : Quelle évolution des systèmes de production, des organisations et des produits pour développer durabilité et compétitivité du secteur de l'alimentation ?

Contexte et enjeux scientifiques :

La capacité de création de valeur ajoutée à la ressource agricole est un enjeu dont l’importance est universellement reconnue (Lutte contre la pauvreté, lutte contre la faim (FAO, 2009)). La transformation à des fins alimentaires ou non-alimentaires est la principale source de cette valeur ajoutée. Or, l’analyse des échanges au niveau international montre un effritement des parts de marché des entreprises agroalimentaires françaises au cours des quinze dernières années. La rentabilité du secteur reste dans la moyenne des principaux pays développés, mais les évolutions au cours de la période écoulée dénotent une relative diminution de la compétitivité de ces entreprises. Elle est notable, par exemple, vis-à-vis de l’Allemagne qui a nettement renforcé sa capacité de production agricole et agroalimentaire. Au cours de la période récente, la productivité totale diminue même en moyenne de 0,4 % par an dans les entreprises agroalimentaires françaises. Elle est à peu près stable dans des secteurs comme les produits laitiers ou les boissons, mais baisse de 0,7 % par an dans le secteur de la viande. Dans le même temps, l’exigence de durabilité (Dualine, 2011) pose la question du développement de réponses globales dans les chaines de création de valeurs (Pujari, 2006). Il serait contreproductif de travailler isolément les questions d’impacts associés aux phases de transformations, à la logistique et aux usages, sans prendre en compte les interactions entre ces phases ; devront aussi être considérés les éventuels transferts d’impacts négatifs associés à des optimisations spécifiques locales.

L'Ile-de-France, qui représente un cinquième de la filière agroalimentaire française, est confrontée à ces mêmes évolutions. Compte tenu de sa place dans l’économie régionale (voir supra), le développement du secteur agroalimentaire constitue un enjeu majeur pour la région capitale, tant en matière d'attractivité que de contribution à l'emploi et à la croissance économique. Le développement d’innovations au sein des filières agroalimentaires est alors crucial, pour autant que celles-ci permettent de répondre simultanément à plusieurs défis en termes de santé humaine, d’impact environnemental et de performance économique.

Objectifs scientifiques et grands domaines de recherche :

Le secteur alimentaire, de la production à la consommation des aliments, se voit assigner de nouveaux objectifs de durabilité et de compétitivité (économiques, sanitaires, environnementales, sociales) qui amènent ses différentes composantes à mettre en place de nombreuses innovations. Parmi ces objectifs, on s’intéressera notamment aux questions suivantes :

a)      Comment accroître les bénéfices et/ou réduire les risques de santé associés à l’alimentation, à travers les pratiques de consommation (déterminants des comportements et des préférences des consommateurs, liens avec les formes de production agricole), les pratiques de conception et de transformation des aliments adaptés à des enjeux santé (pathologies induites/prévenues, leviers d’action pour modifier les comportements alimentaires, sécurité sanitaire des aliments). On portera une attention particulière au développement de la restauration hors foyer (RHF) dans les mégapoles, notamment du point de vue de la santé du consommateur ;

b)      Comment améliorer les performances environnementales du secteur alimentaire ? Ce nouvel enjeu se traduit par des critères encore en élaboration se surimposant aux critères de sécurité sanitaire ou de rentabilité économique classiques pour le secteur. On pourra traiter des modifications des modèles actuels de consommation, de la rénovation de procédés de fabrication (dont la valorisation de l’énergie, de l’eau et des déchets), de la logistique, particulièrement cruciale en région métropolitaine ;

c)       Comment assurer la durabilité économique, environnementale et sociale des innovations ? Le maintien d’une rentabilité économique pour le tissu des entreprises du secteur de l’alimentation (souvent des PME) va de pair avec la maîtrise des prix de l’alimentation indispensable pour limiter l’insécurité alimentaire des consommateurs les plus vulnérables, et la réduction des impacts environnementaux, pour concevoir et évaluer les innovations technologiques et/ou organisationnelles dans le secteur alimentaire tout en maintenant un niveau élevé de nutrition et de protection des consommateurs ;

d)      Comment conforter la durabilité des pratiques alimentaires ? On s’interrogera sur les modes de consommations de manière plus générale, notamment en prenant en compte l’utilisation comparée des protéines végétales et animales, ainsi que les modalités et les déterminants de la production de déchets alimentaires au niveau des ménages ou de la restauration collective. On analysera l’adaptation de l’offre alimentaire aux pratiques domestiques et en RHF et en quoi les usages et l’organisation de l’alimentation peuvent être des gisements d’innovation.